1/ Quelle pourrait être la place du vélo dans la Vienne ?

(épisode 1)

Comment observer le potentiel des mobilités cyclables ?

Le potentiel des déplacements à vélo est sans doute plus étendu qu’on ne l’imagine. Pour y voir plus clair, nous avons tenté de le représenter à l’échelle du département de la Vienne dans cette série d’articles.

Avant d’aborder la question des aménagements cyclables et de leurs coûts, il utile de s’intéresser à la population des territoires et la manière dont elle se déplace. Comment mener cette réflexion dans le département de la Vienne? Celui-ci comporte des communautés de communes et d’agglomérations aux caractéristiques variées et souvent inter-dépendantes. Quelle place pourrait être faite aux déplacements à vélo sur ces territoires à l’avenir ? Nous avons produit une série d’articles et de cartes pour démonter les à priori et nourrir les réflexions sur le développement des mobilités cyclables à l’intérieur du département de la Vienne.

Se placer à hauteur départementale pour mieux cerner les usages

Le département de la Vienne compte sept EPCI imbriquées les unes dans les autres à la façon des pièces d’un puzzle.

C’est un périmètre à l’intérieur duquel les personnes circulent fréquemment d’une commune ou d’une communauté de commune à l’autre suivant leurs besoins. On le comprend aisément en traçant la zone à 15 km de Poitiers. Ce cercle comporte des parties importantes de deux autres EPCI (haut-Poitou et Vallées du Clain) et il n’intègre qu’une partie de la communauté urbaine Grand-Poitiers. C’est dans une moindre mesure le cas de Grand-Châtellerault où le rayon 15km déborde sur la communauté urbaine de Grand-Poitiers. Tout comme à son origine, le périmètre départemental situé à hauteur d’homme, facilite la compréhension des usages et des enjeux de la mobilité cyclable.

Quelle pourrait être la place des déplacements à vélo dans la Vienne ? Qui pourrait prendre sa bicyclette plutôt que sa voiture ? Quels déplacements pourrait-on effectuer à vélo ? Où pourrait-on combiner plusieurs modes de transport ?

Les politiques cyclables ne sont efficaces que si elles s’accordent avec les pratiques quotidiennes. Dans « La France à vingt minutes à vélo », BL Évolution estimait que la majeure partie de nos déplacements s’effectuent sur de courtes distances et il s’interrogeait sur le fait qu’elle puisse être effectués à vélo. Dans cette étude le cabinet dresse la liste des déplacements qui peuvent être faits à vélo en ville comme dans l’espace rural à tous les âges.

Il est important d’appliquer cette question à l’ensemble des catégories de population. Les recensements de l’Insee s’intéressent en priorité à la mobilité domicile-travail des actifs (question 21 sur le mode de transport principal utilisé pour aller travailler). Curieusement les enquêteurs interrogent peu les autres catégories sur la manière dont ils se déplacent. Il est regrettable que la mobilité cyclable ne soit pas mesurée plus largement.

En 10 ans, la part des seniors a souvent doublé hors agglomération. Elle se situe désormais souvent à plus de 20% de la population. Bon nombre de collégiens pourraient se déplacer à vélo, les questionne-t-on à ce sujet? Le département est doté d’un grand nombre de gares de TER. Cette situation est favorable au développement de l’intermobilité train-vélo. Dans cette série d’articles et de cartes nous tenterons de représenter localement ces différentes perspectives.

Carte 1 : ceux qui vont au travail à vélo

Pour débuter ce tour d’horizon des potentiels mobilités cyclables, commençons par observer les déplacements domicile-travail. Logiquement c’est dans les villes de Poitiers (5,21%) et de Châtellerault (5,33%) que les vélotafeurs sont les plus importants. Ils sont proportionnellement relativement nombreux à Loudun (4,42%).

Part modale vélo domicile-travail dans les communes de la Vienne

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(Aide à l’utilisation des cartes Umap)

Plus étonnant, la carte montre la présence de cyclistes dans des petites communes éloignées des villes cependant la valeur exprimée en pourcentage n’est pas significative d’un point de vue statistique. Mais comment alors prendre en compte les cyclistes de la campagne ? Notons malgré tout qu’à l’Isle-Jourdain dans le sud-Vienne cinq personnes vont au travail à vélo soit 6,25% des actifs. A Chalais près de Loudun 3 personnes vont au travail à vélo, cela représente 6,52% des actifs.

Vous remarquerez que les pastilles de couleur rouge intense indiquant la forte présence de vélotafeurs se situent sur les trois pôles urbains et sur des zones excentrées du département. A contrario les pastilles de couleur pâle indiquant la faible part des vélotafeurs se trouve positionnées autour d’un arc de cercle largement à l’extérieur de Poitiers (on y reviendra !).

Part modale dans les EPCI de la Vienne

La part modale vélo domicile-travail varie fortement suivant les EPCI (communautés de communes ou d’agglomération)

CU du Grand Poitiers3,41 %
CA Grand Châtellerault2,87 %
CC du Pays Loudunais2,36 %
CC Vienne et Gartempe1,11 %
CC du Civraisien en Poitou0,69 %
CC des Vallées du Clain0,67 %
CC du Haut-Poitou0,66 %

La part modale vélo départementale, portée par la pratique urbaine, est de 3%. En région Nouvelle Aquitaine la mobilité vélo est de 7% en Gironde et de 5% en Charente-Maritime. Chez nos voisins de l’Indre et Loire 4% de la population part au travail à vélo.

Source : recensement Insee 2021 publié en 2024 – D’après les données partagées par Vélo & territoires et ses atlas régionaux.

Prochain épisode : « Où sont les potentiels du vélotaf dans la Vienne ? »

À suivre …